Juniperus
Arbres à feuilles persistantes ou arbustes de taille variable, du grand au nain, à tronc principal unique ou à plusieurs troncs issus de la base. L’écorce est fibreuse, généralement sillonnée et se détachant en bandes verticales, mais parfois s’écaillant en blocs rectangulaires. Le système de pousses est faiblement différencié en axes principaux et pousses latérales, avec une ramification généralement tridimensionnelle. Les feuilles sont disposées en paires ou en trios alternés et se présentent sous deux types principaux. Tous les genévriers juvéniles, ainsi que les adultes de toutes les espèces de la section Juniperus et de quelques espèces de la section Sabina, portent des feuilles aplaties, linéaires, en forme d’aiguilles, munies d’une ou deux bandes stomatiques proéminentes sur la face supérieure. Les feuilles aciculaires de la section Juniperus sont articulées au rameau, tandis que celles de la section Sabina s’étendent sur celui-ci sans articulation. Les feuilles écailleuses de la plupart des adultes de la section Sabina enveloppent étroitement le rameau, leurs extrémités étant appliquées contre celui-ci ou divergentes, parfois munies d’une glande résineuse proéminente, ronde ou allongée, située sur la face externe. Les feuilles des pousses principales sont bien espacées, avec des bases longues et apparentes recouvrant la tige, tandis que celles des rameaux latéraux sont serrées, leurs extrémités masquant les bases courtes des feuilles suivantes.
Les plantes sont généralement dioïques, bien que des systèmes monoïques ou mixtes existent. Les cônes polliniques sont petits et composés de plusieurs paires ou trios d’écailles, chacune portant plusieurs sacs polliniques. Les cônes de graines sont sphériques et charnus, de type galbule, formés d’écailles soudées, mûrissant en une ou deux saisons sans s’ouvrir. Leur coloration et leur texture facilitent la dispersion par les oiseaux. Les graines sont peu nombreuses, dépourvues d’ailes, et les plantules possèdent deux, quatre ou six cotylédons.
Le bois de genévrier est aromatique, de tendre à modérément dur, avec un aubier pâle contrastant fortement avec un bois de cœur plus foncé, souvent richement coloré. Les cernes de croissance sont généralement bien marqués. Les canaux résinifères sont absents, bien que des cellules résinifères soient fréquentes. Les feuilles présentent des zones stomatiques spécialisées et une structure interne simple, adaptée à la photosynthèse des plantes persistantes et à la tolérance à la sécheresse.
Avec environ 63 espèces, Juniperus est le genre le plus diversifié et le plus largement répandu de la famille des Cupressaceae, présent dans la majeure partie de l’hémisphère Nord et en Afrique de l’Est. Son succès écologique est souvent attribué à sa tolérance à la sécheresse et à la dispersion des cônes par les oiseaux. Le genre joue un rôle majeur en horticulture, avec des centaines de cultivars présentant une remarquable diversité de tailles, de formes et de couleurs du feuillage. L’hybridation naturelle est fréquente et, associée à une grande variabilité, a longtemps compliqué la taxonomie du genre, bien que les études moléculaires aient permis d’en clarifier les relations. Les données fossiles suggèrent que la diversité actuelle de Juniperus est relativement récente à l’échelle géologique, les fossiles fiables les plus anciens datant d’environ 23 millions d’années.